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30 mai 2008

Sortie dimanche 1er juin

Bonjour à tous,

Ce dimanche, sortie sportive au départ de BRINDAS (grand parking à
cotés de l'église)
Rdv 8h30
Départ 8h45

Très beau parcours déjà proposé cet hiver par Alain.

A dimanche.

27 mai 2008

Mes copains aux gros pneus

Il est plusieurs catégories de copains. D’abord les copains d’école. Eux, on ne les choisit pas forcément, imposés qu’ils sont par les hasards scolaires.

Ceux de travail bien sûr, avec lesquels « on bosse dans la même boite », comme on dit.

Je n’oublie pas non plus les copains de service militaire avec qui on a surtout partagé une année de sa vie, perdue… à s’ennuyer ferme. Et sûrement bien d’autres catégories de copains plus spécifiques ou particulières. De guerre, de pension, de colo, de prison, de misère…

Mais à mon avis, ceux que l’on n’oublie pas, ce sont les copains de sport.

Cependant, là encore faut-il établir un distinguo. En effet, le choix de la pratique sportive est signifiant. Il révèle souvent la nature profonde des hommes. Mieux même, avec assez de justesse leur vraie valeur humaine.

Bref ! Ce préambule pour dire que dans la grande fratrie des copains en tous genres, celui que j’apprécie le plus est indéniablement le copain de vélo.

En effet, on ne fait pas de vélo pour faire mode. Contrairement à certains sports dont la base est le jeu, (on joue au foot, on joue au tennis, au golf…) on ne joue pas au vélo. On fait du vélo. On fait : cela veut dire que l’on crée avec son corps une énergie faisant avancer la machine. Et là, non vraiment on ne joue pas !

Dans le choix de cette discipline, prime avant tout le goût de l’effort. Cet effort qui fait mal car il exige un dépassement de soi, pas forcément accessible à tous. Mais aimer « se sortir les tripes » ne suffit pas, il faut aussi avoir chevillé au cœur l’amour de la nature. Encore plus vrai si notre pédaleur est vététiste.

En effet, à vélo sur la route, on savoure visuellement le paysage. A VTT, il en est de même, mais plus fort encore, ce paysage on est assis dedans. D’une certaine façon, on le consomme.

Toutefois, même furieusement compétiteur, l’homme aux gros pneus, est un brin poète.

Humble de surcroît, car à l’instar du marin ou de l’alpiniste, il sait que la nature sera toujours la plus forte (comme le dit souvent l’ami Jacky).

Prudent aussi, il se doit de l’être. Trous, pierres, ornières, chemins cassants, racines glissantes, descentes périlleuses, boue traîtresse, pièges et chausse-trapes peuvent surgir à tout moment devant ses pneus crantés.

Contrairement au « routard » qui est une vraie pipelette, notre stakhanoviste des chemins passe pour un taiseux. Il est vrai qu’il peut pédaler des heures, les dents serrées à ahaner sans piper mot. Boude-t-il ? Fait-il la gueule ? Que nenni ! Il peine en silence. Au mieux, il gère, car le plus dur est toujours à venir ; ça il le sait. A dire vrai les petits chemins étroits (single track) sont peu propices au bavardage et en file indienne il n’est pas aisé de converser « hein ?...Quoi ?...Caisse tu dis ?... » « Ouais, ouais… » répond-il au hasard aux brides de mots vaguement perçus.

Toutefois existe toujours ce lien fort qui le lie à ses compères de souffrance. Une sorte de complicité, de connivence entre initiés. Mais aussi d’estime pour l’autre et ce qu’il réalise. Car comme lui il a mal, mais ne se plaint ni ne renonce.

Cette communion dans l’effort, certains dimanches matins, telle une messe païenne, rapproche les hommes. Ils n’oublieront pas de si tôt ces moments ensemble partagés. « Ah oui ! Je me souviens bien…qu’est-ce-qu’on avait pu en baver ce jour-là !... » dira-t-on plus tard.

Il faut dire qu’à VTT l’effort est plus violent, moins régulier et modulable que celui du « routard », l’aristocrate aux pneus fins. Ca passe ou ça ne passe pas…ou alors à pieds, en poussant la machine. Un vrai effort d’homme, quoi. Sans calcul, ni stratégie mesquine. Pas de ruse ni de recherche d’abri derrière le meneur que l’on laissera travailler un max… avant de le flinguer. Non, le « suçage de roue » n’est pas dans l’esprit VTT.

Mais après le partage de la pénibilité, il y a le partage des récompenses. D’abord l’immense satisfaction d’avoir dépassé ensemble faiblesses et petites douleurs. Mais aussi partagé certains moments de beauté, voire de grâce, par la nature offerts.

Ces jours-là où l’on est si heureux d’être là.

Etre seul à vivre ces plaisirs eut été bien frustrant.

Avec « les autres » c’est tellement mieux !

« Super sortie ! » se dira-t-on entre nous, la tête et les yeux encore pleins d’images et de sensations, tout en rangeant « la bête » maculée de boue dans le coffre de l’auto.

« Ouais, c’était super ! J’ai bien fait de me lever ce matin, pourtant j’étais si bien dans mon lit… »

Et déjà chacun pense au prochain dimanche.

C’est pour tout cela que j’aime mes copains aux gros pneus.

Et au gros cœur…

Hardi les gars ! Vous êtes des lions !

Moi aussi…tiens c’est vrai. Alors un vieux lion !

Bernard METOUR